By 9 janvier 2016 9 Comments

Nettoyeur de tranchées

Voilà pas (expression « bien de chez nous ») que mon instinct guerrier s’est réveillé, la semaine dernière pour présenter un couteau fabriqué par mon grand-oncle dans les tranchées pendant la Grande Guerre, et aujourd’hui cette autre lame !

Le nettoyeur de tranchées est bien décrit par Dominique Venner et rien que son nom dit bien ce qu’il veut dire. Durant la « grande guerre » (14-18), les armées dotaient certains soldats, de préférence volontaires, de couteaux spécifiques pour faire « le sale boulot », nettoyer les tranchées, c’est-à-dire achever des morts (pas toujours ennemis, mais alors on considérait que c’était pour abréger les souffrances dans des cas désespérés) ou à l’occasion trucider rapidement et surtout sans bruit et de nuit un petit nombre de soldats ennemis pour pouvoir bouger les lignes de quelques mètres seulement. Des dérivés de nicker de chasse côté allemand et des couteaux de chasse ou de boucher côté français étaient donc distribués dans ce but (La Manufacture de Saint-Etienne – Manufrance – a été un grand pourvoyeur de ces couteaux). Les soldats non dotés, qui souvent considéraient l’arme blanche comme ultime moyen de défense, en arrivaient à se fabriquer eux-mêmes les leurs en récupérant des lames de chasse, d’escrime, de cuisine ou autre et en les montant sur des manches improvisés ou fabriqués par eux. Cela faisait partie de « l’artisanat de tranchée ». L’étui était souvent un morceau de cuir cousu n’englobant que la lame, mais encore plus souvent ce couteau était tout simplement glissé dans la ceinture enrobé dans un morceau de drap. Voilà un (très) bel exemple assez typique d’une arme composée de trois parties différentes. La plupart de ces armes n’ont jamais servi ou ne sont pas identifiables comme telles (je n’en n’ai jamais vu comportant des encoches dans le manche !).

Jean-Pierre

Nettoyeur 1

Nettoyeur 2

Nettoyeur 4

Nettoyeur 3

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  • laurent

    Merci pour cette page d’histoire ,on dirais un morceau d’épée raccourcie qui devait être très efficace!

  • Titi

    Ah oui ! Ça fait froid dans le dos quand on pense à ce que ça devait être 14/18… à l’occasion je vous montrerais une canne fabriquée par mon arrière-grand-père à partir d’une baillonette de fusil et…de journal (si si…) !

  • Thau

    Très intéressant cet article. Sale boucherie. Il valait mieux être général et à l’arrière.

    https://www.youtube.com/watch?v=A_u6nhZa9Ho

    • Bordel de m…. comment nos Puissants ont-ils pu nous faire vivre des merdes pareilles?????????? Salopards finis!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Fr@nk

    Merci pour ce partage !

  • Miko

    Pion est une marque d’épées, non?

    • Jean-Pierre

      Oui, oui ! et comme je le précise, chacune de ces armes est faite par la récupération ou la fabrication puis le montage de plusieurs éléments. Il en résulte que chaque arme est unique d’où leur valeur de « témoignage historique ».

  • Michel du 42

    Superbe………moi j’adore…….malgré l’histoire……….

  • En fait l’Armée Française n’avait RIEN prévu comme dotation de couteaux pour les Armées et chaque Soldat devait les demander à leur famille respective! On en apprend beaucoup dans le Livre de Lecoeur et Rouquier: ‘Les Couteaux de Nos Soldats’, 323 pages de textes, de photos et de dessins de couteaux privés puis ENFIN fournis par l’Armée Française à ses Soldats depuis 1914 à nos jours: http://couteaux.clicforum.com/t7-les-couteaux-de-nos-soldats.htm

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