By 21 février 2016 5 Comments

Les Couteaux de GR : GR41

Celui-ci, je vous l’ai déjà présenté, avec la petite histoire qui va avec… Mais peut-être l’avez-vous oubliée? Allez, je vous en remet une couche… ;o)

GR 41

Je vous présente cet Higonokami, revisité à la sauce GR.

Aluminium plié, et peau d’éléphant (chute de ceinture ramassée dans une poubelle, lors de la visite d’une manufacture spécialisée dans les objets en cuir et galuchat) à Chiang-Mai..

Il me faut vous conter ici l’aventure, totalement incroyable (mais je vous en laisse juge) qui m’a mené à dessiner ce couteau…

Chacun connaît l’histoire de « Dumbo » l’éléphant volant créé par la romancière Helen Abesson, et mis en scène par les studios Disney dès 1941. Moins nombreux sans doute sont ceux qui ont entendu parler de « Jumbo », un très grand spécimen de savane d’Afrique qui, après Le Jardin des Plantes, à Paris, puis le Zoo de Londres, fut la coqueluche du cirque Barnum, jusqu’à sa mort accidentelle, en 1885…

Lors d’un séjour à Mae Hong Son, au Nord-Ouest de la Thaïlande, à quelques kilomètres de la frontière Birmane, nous avons décidé de faire un trek d’une journée, afin de découvrir la jungle environnante, en compagnie d’un guide local fort souriant, mais ne parlant pas un traitre mot d’Anglais…

Il est prévu que nous pique-niquions dans une boucle de la rivière Mae Nam Pai, d’un frugal repas ramassé en route : bestioles grillées ( ?) et fruits locaux ; d’un poisson peut-être, si nous avons un peu de chance… En fin de matinée donc, nous descendons au creux d’un vallon où miroite, entre les futs rectilignes qui cherchent la lumière tout là-haut, la rivière en question. En silence, car la proximité d’un point d’eau peut parfois se révéler propice à une découverte.

Mais comment aurions-nous pu espérer, imaginer, une telle surprise, une rencontre aussi exceptionnelle. Unique !!! Essayez donc …

A quelques mètres de la berge, un cri soudain nous fige sur place !!! Qu’est-ce donc ? Un fauve, un oiseau, un singe ? Ou alors… un barrissement ?

Là, devant nos regards éberlués, alors que nos trois têtes émergent de l’ombre du sous-bois, un jeune éléphant, assis les pattes arrières plantées dans la berge, s’asperge, avec ravissement semble-t-il, d’une trompe puissante et … Et … Et ouvre grand deux ailes aux reflets bleutés, face au soleil, comme ferait le plus commun des oiseaux…

–Nom de Dieu ! Le cri nous a échappé, qui plus est en un mélange de français et de thaï que la pauvre bête n’aura pas supporté car, tout en nous fusillant d’un regard noir, elle prend son envol en quelques coups d’ailes rapides et efficaces, jetant dans la lumière une myriade de perles d’eau… Je dévale en courant le talus de la berge, appareil photo à bout de bras, tandis qu’un second cri, de colère cette fois-ci, se répercute de vallon en vallon… Et, levant la tête au ciel, je regarde, incrédule, une petite plume qui descend doucement vers moi…

Le Doyen de l’Université des Sciences de Chiang Mai nous a avoué, quelques jours plus tard, avoir eu connaissance de légendes locales qui racontent que, effectivement… Et, sous le saut du secret (mais ça reste entre nous) a sorti d’une fort vieille enveloppe, une photo jaunie, avec ses quelques mots : « Naypjuidaw 1951, chasse au tigre près de la frontière Thaïlande, un gibier insolite » Hélas, l’animal, femelle, avait été trouvé mort, mais on voit nettement un embryon d’aile sur le flanc gauche. C’est lui-même qui prit cette photo, accompagnant alors une grande personnalité dans il nous taira le nom…

Quant à mes trois photos, elles avaient étrangement disparu lorsque j’ai voulu les lui montrer… Comme avait disparu, à notre retour en France, la plume soigneusement glissée dans une enveloppe, au plus profond de ma valise… Alors, je l’ai vite dessinée de mémoire pour en faire la lentille de ce couteau.

Quant au GR 41, je l’ai vendu à un trompettiste de mes amis. Il était dans sa poche, il y a quelques semaines encore, mais aujourd’hui, allez savoir ?

P1040703

P1040707

P1040710

GR83
Retraité de la construction navale artisanale. Animateur de randonnée et coutelier au fond du jardin, parmi les cistes et les oliviers. Curieux, exigeant et perfectionniste. Petit et râleur…. Et c’est pour ça qu’on l’aime.

«

»

 
  • eddie

    Je me souviens de ton histoire, et de ton couteau; les deux m’avaient plus alors: ils me plaisent encore
    aujourd’hui: rêve ou réalité? quoiqu’il en soit, il est bon de rêver de temps en temps…

  • Wolff

    C’est vraiment une belle histoire bien contée.

    • Thau

      Exactement. Il ferait mieux de faire écrivain que coutelier… ;o)))

      • GR

        Je fais un peu les deux, quand le cœur m’en dit…

  • Fr@nk

    L histoire et la plume sont toujours aussi belle 😉

z35W7z4v9z8w
Aller à la barre d’outils